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Faire projet par l’écologisation des ruines anthropocéniques : reconfigurationscontemporaines entre initiatives citoyennes et action publique de renaturation(le cas de Lil’O - Ile-Saint-Denis)

Abstract

International audienceDans un contexte de tournant environnemental de l’urbanisme, marqué par une attention croissante des politiques de désartificialisation et de renaturation (loi Climat et Résilience et objectif ZAN, plan de végétalisation), les sols urbains et les friches industrielles deviennent des objets centraux de l’action publique (Paquot, 2017 ; Desrousseaux, 2021 ; Rode, 2023, Souami, 2023 ; Consalès et al., 2022). Toutefois, ces politiques demeurent largement structurées par des cadres technico-quantitatifs qui peinent à saisir la diversité des pratiques locales, des savoirs situés et des expériences sensibles du sol, en particulier dans les territoires urbains denses et populaires (Blanc et al., 2017 ; Bellanger & Lelévrier, 2023).Cette communication s’appuie sur une enquête ethnographique en cours menée sur le site de Lil’O, friche industrielle de 3,6 hectares située sur la pointe nord de l’Île-Saint-Denis, sur le territoire de Plaine Commune, actuellement en cours de reconversion en espace écologique et citoyen par l’association Halage. À partir d’une observation participante, elle propose d’analyser les pratiques de renaturation participative mises en œuvre sur le site afin de comprendre quelles pratiques concrètes sont déployées, comment elles transforment matériellement et symboliquement la friche, et quels savoirs, savoir-faire et expériences écologiques y sont mobilisés ou produits. Elle interroge également les manières dont les différent·es acteur·ices perçoivent et qualifient ces espaces - friche, ruine, ressource ou potentiel écologique - et ce que ces regards révèlent des conceptions différenciées du sol et de la ville.Ces pratiques de renaturation participatives sont analysées comme des formes situées de réparation écologique, entendue non comme une simple remédiation technique mais comme un processus relationnel et sensible (Papadopoulos, Puig de la Bellacasa & Tacchetti, 2023). Elles produisent des gestes ordinaires de soin du sol et du vivant ainsi que des récits alternatifs du projet urbain écologique, souvent en décalage avec les instruments dominants de l’action publique environnementale.La communication explore ainsi les articulations entre initiatives citoyennes et action publique de renaturation, en s’interrogeant sur les rapports qui se nouent entre collectivités territoriales et collectifs jardiniers : formes de reconnaissance, d’ignorance ou d’intégration institutionnelle mais aussi coopérations, relations de confiance, tensions diffuses et négociations autour des pratiques et des dispositifs institutionnels (Ramos, 2018 ; Demailly & Lagneau, 2022 ; Paddeu, 2021). Sans relever de conflits frontaux, ces situations donnent à voir des controverses ordinaires portant sur les finalités, les temporalités et les critères de la renaturation.En mobilisant les apports des humanités environnementales et de l’éthique du care (Tronto, 2012 ; Buyck, 2022), cette communication montre comment ces pratiques participatives contribuent à une politisation discrète de la nature en ville, en déplaçant les registres de l’action collective vers l’expérimentation, le soin et la co-production des milieux urbains

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Last time updated on 08/05/2026

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