research article
Les inégalités dans l’enseignement supérieur et le nouveau modèle de développement
Abstract
The success of Morocco’s New Development Model (NDM) hinges on the enhancement of human capital, with higher education serving as a key driver of productivity. However, despite a gross enrollment rate of 43% in 2021, the higher education system continues to be characterized by deep disparities. This article aims to fill a gap in the literature by moving beyond general observations to precisely identify, through an empirical approach, the multidimensional determinants that govern access to the two poles of the Moroccan system (open-access versus regulated/selective). The methodology is based on a quantitative survey conducted among a sample of individuals. We employ Multiple Correspondence Analysis (MCA) — a factorial analysis method applied to qualitative variables — to examine the interplay among five key variables: gender, previous schooling trajectory (public vs. Private), parental income, parents’ sector of activity, and the type of higher education institution attended. The results, centered on the first factorial axis which accounts for 69.38% of the total inertia, reveal clear social discrimination. There is a strong statistical correspondence between high parental income, a pre-baccalaureate education in the private sector, and access to regulated (selective) higher education tracks. Conversely, students from public-sector backgrounds and modest-income families are overwhelmingly directed toward open-access faculties. These findings demonstrate that the current dual structure of the education system functions as a mechanism for reproducing inequalities, thereby undermining the inclusiveness objectives promoted by the New Development Model. Classification JEL: I24 Paper type: Empirical ResearchLe succès du Nouveau Modèle de Développement (NMD) au Maroc est tributaire de la valorisation du capital humain, dont l'enseignement supérieur constitue un levier de productivité essentiel. Or, malgré un taux d'inscription de 43 % en 2021, l’enseignement supérieur reste marqué par de profondes disparités. Cet article entend combler un vide dans la littérature en dépassant les constats généraux pour identifier précisément, par une approche empirique, les déterminants multidimensionnels qui régissent l'accès aux deux pôles du système marocain (ouvert vs régulé). La méthodologie repose sur une enquête quantitative auprès d'un échantillon de individus. Nous utilisons l'Analyse des Correspondances Multiples (ACM) — une méthode d'analyse factorielle quantitative appliquée à des variables qualitatives — pour croiser cinq variables clés : le genre, la trajectoire scolaire antérieure (public/privé), le revenu parental, le secteur d'activité des parents et le type d'enseignement supérieur intégré. Les résultats, centrés sur le premier axe factoriel qui capture 69,38 % de l'inertie totale, révèlent une discrimination sociale nette. Il existe une forte correspondance statistique entre un revenu parental élevé, un parcours pré-baccalauréat dans le secteur privé et l'accès aux filières de l'enseignement supérieur régulé. À l'inverse, les étudiants issus du secteur public et de milieux à revenus modestes sont massivement orientés vers les facultés à accès ouvert. Ces constats démontrent que la dualité du système éducatif actuel agit comme un mécanisme de reproduction des inégalités, freinant ainsi les ambitions d'inclusion portées par le NMD. JEL Classification : I24 Type du papier : Recherche théorique ou empiriqu- info:eu-repo/semantics/article
- info:eu-repo/semantics/publishedVersion
- Article évalué par les pairs
- Nouveau Modèle de Développement, inégalités, enseignement supérieur, Analyse des Correspondances Multiples (ACM).
- New Development Model, inequalities, higher education, Multiple Correspondence Analysis (MCA)