International audienceL’Écoute s’il Pleut. Enquête sur des formes d’anticipation auditive est une interrogation théorique et esthétique de l’écoute de phénomènes météorologiques à partir de l’archéologie du toponyme L’Écoute s’il Pleut. Cette appellation provient du nom porté par une quarantaine de lieux qui, à travers la France, sont souvent associés à la présence d’un moulin à eau situé sur un ruisseau à faible débit (« il semble attendre la pluie pour fonctionner »). Mais il s’agit également d’une expression qualifiant une personne distraite, se fiant à de vaines promesses ou des espoirs mal-fondés. À partir de cette double définition, et d’autres encore, qui, selon leur acception toponymique et figurative, apparaissent dès le XIIIe siècle, le texte développe un éventail de formes d’écoute qui comportent une attente, parfois accompagnée d’une anxiété, face aux phénomènes météorologiques, en particulier les différentes natures de pluie. Ces formes sont analysées en sept chapitres à travers les personnages de quelques productions littéraires ou cinématographiques qui sont à l’écoute des sons de la pluie à venir. Sont mis en résonance certains développements de la météorologie, principalement depuis le début du XIXe siècle, et des théories de l’écoute relevant des sound studies, de la musicologie, ou de la théorie des médias et de la philosophie. Conjointement à la référence à des écrits sur l’émergence de la rationalisation du temps qu’il fait, l’attention est portée sur les pratiques mantiques et divinatoires des Anciens et leur évocation dans des textes sur l’écoute. Cette enquête est le lieu de rencontres entre chercheurs ayant vécu au XIXe siècle – notamment Luke Howard, Adolphe Quetelet et Robert Fitzroy et les protagonistes des romans Walden (1854) de Henry David Thoreau – récit autobiographique – et Présence de la mort (1922) de Charles Ferdinand Ramuz, ainsi que les personnages des films Take Shelter (2011) réalisé par Jeff Nichols et Memoria (2021) réalisé par Apitchatpong Weerasethakul. L’Écoute s’il Pleut porte ainsi sur la perception du temps qu’il fait et du temps qu’il fera, et plus précisément sur différentes expériences auditives de ce qui n’a pas encore eu lieu
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