C’est seulement au XXe siècle que se constitue la réception critique de l’épisode du rêve pirate Libertalia (1709-1710) mis en œuvre par Misson et Caraccioli et rapporté par Daniel Defoe dans le tome 2 de l’Histoire Générale des Pirates en 1728 . Précisément à partir de 1905, où paraît le tome III de la Collection des Ouvrages Anciens Concernant Madagascar dirigée par Alfred Grandidier. C’est bien d’un siècle de distorsions qu’il s’agit, jusqu’en 1998, date du dernier article de Michel-Christian Camus, "L’inexistence du pirate Misson de Daniel Defoe”, publié dans Dix-Huitième Siècle.
Les études anglo-saxonnes avaient désigné depuis longtemps le leurre de cette “cité idéale” quand les représentations françaises insistaient sur l’authenticité des événements amplifiés par Defoe. Il aura fallu attendre la fin des années 1980 pour que les jeux du mensonge soient définitivement mis au jour par la critique française, principalement sous la plume d’Anne Molet-Sauvaget (1988, 1992, 1994), de Jean-Michel Racault (1986, 1994), de Guy Jacob (1994) et de Michel-Christian Camus (1998) .
La même dichotomie s’est installée entre, d’une part, les littéraires spécialistes des Voyages et, d’autre part, les publicistes et les historiens de l’océan Indien. Je suis bien consciente que le point de vue universitaire ne peut-être comparé à celui, plus spontané, des amateurs éclairés (Vaxelaire, Lapouge ou même Le Bris) : il demeure qu’historiens et publicistes, autrement dit les professionnels de l’information, ont manifesté une curieuse répugnance à brûler les idoles de Libertalia
Is data on this page outdated, violates copyrights or anything else? Report the problem now and we will take corresponding actions after reviewing your request.