L'influence de l'âge d'acquisition du mot dans la dénomination et la catégorisation sémantique

Abstract

Plusieurs études ont récemment montré que l'âge d'acquisition (AoA) a un effet robuste sur le temps nécessaire pour lire un mot et pour nommer l'objet qu'il représente. Certaines études ont même montré que l'effet de la fréquence d'occurrence, reconnue depuis longtemps comme une variable importante dans les tâches lexicales, n'est plus significatif lorsque l'AoA est pris en compte. Dans les tâches de lecture de mots, l'utilisation d'un devis factoriel a permis d'établir que les effets d'AoA et de fréquence coexistent. Toutefois, les résultats sont contradictoires. Une étude a montré que les effets de fréquence et d'AoA coexistent tandis que l'autre a montré qu'il n'y a pas d'effet de fréquence lorsque l'AoA est contrôlé. D'autre part, la majorité des auteurs qui se sont intéressés à l'AoA proposent que le locus d'effet de l'AoA soit phonologique. Quelques travaux ont également montré qu'il existe possiblement un locus sémantique d'AoA, mais les appuis directs restent minces. De plus, la seule étude de catégorisation d'images qui a vérifié la présence d'un effet d'AoA, donc une tâche qui est moins susceptible d'activer les représentations phonologiques, avait conclu qu'il n'y a pas d'effet d'AoA. L'objectif de la première expérimentation était d'identifier les variables qui contribuent significativement au temps de réponse à l'aide d'un plan corrélationnel ainsi que de séparer expérimentalement la contribution des deux variables les plus controversées : l'AoA et la fréquence d'occurrence. Les résultats montrent que l'AoA et le consensus de dénomination contribuent au temps de latence en dénomination. L'imageabilité, dont l'effet a été montré dans un certain nombre d'études, y contribue également. Par ailleurs, la fréquence ne s'est pas révélée être un contributeur indépendant. L'objectif de la deuxième étude était d'éprouver directement l'hypothèse selon laquelle les effets d'AoA ne sont pas strictement phonologiques et sont également présents au niveau sémantique dans des tâches de catégorisation d'images. Dans une première expérimentation, les participants devaient indiquer si l'objet appartenait à une catégorie prédéterminée, soit la catégorie Vivant ou Non-vivant, selon la condition expérimentale. Dans une deuxième expérimentation, le nom de la catégorie et l'objet cible étaient successivement présentés ; le sujet devait indiquer si l'objet cible appartenait à la catégorie précisée. Les résultats de l'étude de catégorisation ne sont pas homogènes pour toutes les tâches. Même si elle n'a pas d'effet dans l'ensemble des tâches de catégorisation, la typicité contribue au temps de latence. L'apport de l'AoA en catégorisation est plus fragile, mais l'AoA a un effet significatif sur le temps de décision sémantique pour la condition Vivant et corrèle au temps de latence dans la tâche de vérification sémantique. L'AoA est aussi la seule autre variable, avec la typicité, à avoir un effet sur les tâches de catégorisation. En somme, ces études ont montré que l'AoA est la seule variable qui a à la fois un effet dans une tâche de dénomination et dans une tâche de nature strictement sémantique

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Archipel - Université du Québec à Montréal

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Last time updated on 21/07/2017

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