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Biodiversité et stratégie des organisations : construire des outils pour gérer des relations multiples et inter-temporelles

By Ciprian Ionescu

Abstract

Thèse CIFRE portée par l'Association Orée (en partenariat avec LVMH, Yves Rocher, Veolia et Compta Durable)The integration of biodiversity into the activities of organizations, through reducing their impacts, is often perceived as going against their competitiveness objectives. However, since the publication of works such as the Millennium Ecosystem Assessment, economic agents are increasingly realizing their dependence on living systems. These data led us to identify the conditions of "co-viability" between the living and economic systems: environmental objectives of conserving natural capital and economic objectives of profitability and avoidance of competitive imbalances. In this context, how to effectively manage (environmentally and economically) interactions between organizations and biodiversity? We issue a first assumption that voluntary approaches can lead to an effective management of these interactions. In addition, we propose a second hypothesis: the use of financial and environmental accounting can lead to effective management of these interactions. Our researches in this field are in line with the CARE model developed by Richard (2012) which is based on the depreciation of natural capital. Our aim is especially to integrate that biodiversity can help create value within organizations.L'intégration de la biodiversité dans les activités des organisations, à travers la réduction de leurs impacts, est souvent perçue comme allant à l'encontre de leurs objectifs de compétitivité et de rentabilité, dans le cas des acteurs privés. Et les travaux académiques contradictoires portant sur l'hypothèse de Porter , selon laquelle les régulations environnementales favorisent la performance économique des firmes, ne rendent pas la situation plus incitative. Ainsi, à l'heure actuelle, la biodiversité représente généralement une source de contraintes pour l'entreprise (législatives, médiatiques, sociétales, etc.), et l'atteinte des objectifs de préservation, lorsqu'ils existent, donne souvent lieu à une minimisation des coûts et à une efficacité environnementale discutable. Cette situation n'est donc satisfaisante ni du point de vue écologique, ni de celui des organisations, car les systèmes vivants représentent le socle des activités humaines, et conditionnent l'activité économique. Depuis le milieu des années 2000 et la parution de travaux tels le Millenium Ecosystem Assessment , les pouvoirs publics et les organisations prennent progressivement conscience de la dépendance des sociétés humaines et de leurs activités à l'égard des systèmes vivants, à travers les biens et services qu'ils en retirent. Les premiers travaux d'OREE, dès 2006, ont contribué à cette prise de conscience : l'Indicateur d'Interdépendance des Entreprises à la Biodiversité (IIEB) permet aux entreprises d'identifier leurs interdépendances à la biodiversité, dans le but d'intégrer ces éléments dans leurs stratégies et assurer la pérennité de leurs activités. D'autres outils comparables sont apparus depuis pour permettre aux organisations d'identifier leurs dépendances, enjeux, risques et opportunités, à l'image de l' « Ecosystem Services Review » conçu par le World Resource Institute. Cette mise en évidence des interdépendances entre organisations et biodiversité nous a conduits à identifier les conditions de « co-viabilité » des systèmes vivants et économiques : en particulier objectifs environnementaux de conservation du capital naturel via la résilience des écosystèmes, et objectifs économiques de profitabilité et d'évitement des déséquilibres concurrentiels (pour ce qui est des organisations privées). De la définition de ce cadre théorique émerge notre problématique : Comment gérer efficacement, du point de vue environnemental et économique, les interactions identifiables entre organisations et biodiversité, de manière à assurer leurs pérennités ? En d'autres termes, quels instruments, outils, approches, peuvent conduire à l'atteinte des objectifs de co-viabilité définis ? Nous émettons une première hypothèse selon laquelle les approches volontaires peuvent conduire à une gestion efficace des interactions entre organisations et biodiversité, étudiée à travers trois interrogations successives. Les approches volontaires permettent-elles de prendre en considération l'intégralité des interactions identifiables entre organisations et biodiversité ? Peuvent-elles répondre à nos objectifs environnementaux ? A nos objectifs économiques ? Nos investigations préliminaires invalident en partie cette hypothèse, ce qui nous conduit à formuler des préconisations pour un emploi et un déploiement de ces instruments qui conduise à une meilleure efficacité environnementale et économique. En complément de ces travaux sur les approches volontaires, nous proposons une seconde hypothèse : une modification des règles de la comptabilité financière, orientée vers une intégration de la préservation du capital naturel, peut conduire à une gestion efficace des interactions entre organisations et biodiversité. Cette approche, qui mobilise un outil commun à tous les agents économiques, présente de nombreux avantages comme la sensibilisation des dirigeants, l'amélioration de la prise de décision, ou le développement de processus de gestion de la biodiversité ou de coordination des agents eu égards à la biodiversité. L'objectif est double : dans un premier temps construire un outil qui permette de prendre en compte des interactions entre des acteurs multiples (entreprises, collectivités, ménages) et la biodiversité, et à terme mettre au point des outils qui permettent de prendre en compte les interactions entre acteurs au sujet de la biodiversité. Nos travaux sur ces questions se veulent complémentaires des travaux développés à l'Université Paris Dauphine par l'équipe du professeur Jacques Richard, qui propose une nouvelle organisation de la comptabilité à travers le modèle CARE . Ce modèle est basé sur le respect des seuils maximaux d'utilisation des ressources écosystémiques, au même titre qu'il existe des seuils d'utilisation des machines dans les organisations, associés à la durée de leur amortissement. Si CARE, qui propose ainsi un amortissement des consommations de capital naturel, prend en compte les impacts de l'entreprise sur son environnement, il n'intègre pas le fait que la biodiversité peut participer à la création de valeur au sein des organisations, par exemple de valeur ajoutée pour les entreprises. C'est sur cette question particulière que portent actuellement nos travaux. L'approche comptable des flux monétaires et physiques liés aux écosystèmes, empruntée dans nos travaux, doit permettre une meilleure prise en compte de l'évolution du capital naturel dans la stratégie des organisations. Il pourra s'agir, par exemple, de mettre en évidence qu'une dépréciation du capital naturel, à travers une dépréciation des services écosystémiques, représente un facteur de coûts au même titre qu'une dépréciation du capital financier

Topics: BIODIVERSITY, ECOLOGICAL SERVICE, ENVIRONMENTAL ACCOUNTING, ORGANIZATION, VOLUNTARY APPROACH, SOCIO-ECOLOGICAL SYSTEM, BIODIVERSITE, SERVICE ECOSYSTEMIQUE, COMPTABILITE ENVIRONNEMENTALE, ORGANISATION, APPROCHE VOLONTAIRE, SYSTEME SOCIO-ECOLOQIQUE, [SHS.ECO] Humanities and Social Sciences/Economies and finances, [SDE.BE] Environmental Sciences/Biodiversity and Ecology
Publisher: HAL CCSD
Year: 2016
OAI identifier: oai:HAL:tel-01304135v1
Provided by: Thèses en Ligne

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