During these past decades, childcare practices have evolved. Through our practice, as a clinical psychologist conducting supervision for daycare professionals, we see how parents and professionals have learned to listen to children, regarding them more and more as quality interlocutors. By means of providing them with care, we see how adults talk openly to young children. Indeed, psychoanalysis teaches us that "everything is language". But it's necessary to explain that words aren't enough to open onto symbolism, which has its part to play in the development of the mind. "everything is language" does not mean that everything has to be said, and we witness how ceaseless talking tends rather to lock the child into silence instead of promoting his communication. This seems to us to be symptomatic of our contemporary society, that encourages to say and to show everything; we propose to interpret this phenomenon as a defense mechanism towards a feeling of insufficiency.Ces dernières décennies ont vu une grande évolution des pratiques professionnelles dans le milieu de la petite enfance. De notre place de psychologue clinicienne, travaillant en crèche et en lieu d'accueil enfant/parent, orientée par la psychanalyse, nous voyons les parents et les professionnels se sensibiliser à l'écoute des enfants, cherchant de plus en plus et de mieux en mieux à faire d'eux de véritables interlocuteurs. Par souci d'offrir aux enfants un bain de langage, nous voyons de plus en plus d'adultes s'adonner au commentaire à l'endroit de l'enfant. Il est vrai que la psychanalyse nous enseigne que « tout est langage ». Mais il s'agit alors de préciser que le comment-taire, à la différence du langage, qui possède une dimension symbolique, n'ouvre aucun espace de pensées. « Tout est langage » ne signifie pas « tout est parole », et nous constatons comment le commentaire incessant réduit au silence plutôt que de promouvoir un espace d'expression tranquille. Cette dérive nous semble symptomatique de notre société contemporaine qui cherche à tout montrer, tout dire, tout expliquer ; nous proposons alors une interprétation de ce trop de dire comme défense contre le manque