L’emploi de l’adj. poss. Remplaçant le gén. Poss. Est un des traits caractéristiques des langues slaves, cf. pour le detail Nahtigal, Slov. Jeziki 223 s. Le suffixe qui se prêtait à designer indiffémment un ou plusieurs possesseurs, a été supplanté par s+il s+agrissait d+un possesseur individual. C’était la consequence d’un changement dans la structure sociale. L’adj. poss. Est aussi bien représenté en tokh., voy. Sieg-Siegling-Schulze, Toch. Gramm. 41: “Das Tocharische liebt es, ähnlich wie die slavischen Sprachen, die Zugehörigkeit durch abgeleitete Adjektiva zu bezeichnen.” Dans les autres langues i.-e., l’emploi de l’adj. poss. Est limité aux patronymques et à quelques mots isolés comme scr. pitriyah, lat. Patrium. J. Wackernagel, Mélanges Pedersen (1908), 145 ss.; Vorl. II 68 ss. Était d’avis que, dans une période reculée, l’adj. poss. avait été aussi plus frequent en grec et en latin: le gén poss. ne serait que le prodoit d’un développement recent. Mais E. Löfstedt, Syntactica I (1928) 83 ss. s’est senti oblige d’apporter des corrections essentielles aux vues de W. Selon Löfstedt, l’emploi de l’adj. poss. est, en grec et en latin, assez restraint. Il était d’un usage limité dans la langue homérique, influence en ceci par l’éolien, dans des cas comme on trouve aussi des adjectifs tires de noms communs, p. ex. Od. 18, 328. Ce n’était que dans le dialecte éolien que les patronymiques en c. à d. les adj. poss., étaient d’un usage courant et official, cf. éol. Ou même (Fraenkel PWRE XVI 1656, 8 ss.: Schwyzer, Griech. Gramm. II 177). En latin, ce sont les gentilices qui font pendant aux patronymiques éoliens: (Quintus) Marcius était d’abord”(Q.) fils de Marcus” avant de devenir un nom. Il est donc certain que l’emploi de l’adj. poss. n’est de règle qu’en slave et en tokh. Une question se pose, à savoir, si cette concordance est plus que fortuite. Des traits communs unissent, on le sait, le tokh. Au grec, au thraco-phrygien et au slave. Pour en rester au slave, on citera le suffixe v. sl. –ynja, lit. –unè en regard de tokh. –une; en face de v. sl. rekQ, rešti “dire”, on a tokh. A rake, B reki “mot” (Porzig, Die Gliederung des idg. Sprachgebiets, 1954, 183 s.). Si on cosidère la parenté du tokh. avec des groups de langues, c’est le groupe constitué par le balte, le germanique et le slave, qui offer des coincidences: l’adj. i.-e. en –lo- est devenu en v. sl. Le participle passé act. Et, en tokh., l’adj. verbal; le suffixe –sko- a été élargi dans les deux lagues par –io- pour former des adj. poss.: v. sl. –ište (selon quelques auteurs( en regard de tokh. A –si, B –sse (ibid. 186). Il est donc probable que le tokh. s’est assimilé l’emploi de l’adj. poss., tel qu’on l’y connaît, à une époque où le tokh. était encore dans le voisinage du slave. Puisque les Slaves ont étendu leur territoire en partant de la region de la Mer Noire, et que les Tokhariens ont émigré vers l’Est, le point de contact des deux langues ne peut avoir été que la region entre les Karpathes Orientales et la Mer Noire. Or on sait que ladite region est riche en couches de langues non i.-e- Ces langues ont laissé des traces nombreuses dans le vocabulaire et dans la structure des langues i.-e. P. Kretschmer, Glotta 32 (1953), 16 ss. a relié le suffixe fréquent dans l’onomastique grecque, au suffixe lake –ssa qui sert à former des adjectifs et des participes. Le gén. sg. hittite en -aš remonte, selon le même savant, à un adj. poss. chattique (Glotta 21, 94 s.). — C'est aussd vers le Caucase que converge l'emploi du genre grammatical selon \W. Schmidt, Rassen und Völker in Vorgeschichte und Geschiclite des Abendlandes II (Luzern 1946), 259 s. On est tenté d'expliquer d'une maniere analogue l'emploi de l'adj. poss. en slave et en tokh. W. Brandenstein dit en effet (PWRE Supplbd.V 1 col. 170; WZKM 56, 265; Caucasica X 82 et 93: voy. aussi Kretschmer, Glotta 32, 174) qu'on substituait l'adj. poss. au gén. poss. en chattique et en lydien. L'étrusque aussi abonde en adj. poss. (Kretschmer, Glotta 28, 264), et les Étrusques sont venus de Lydie.Nous avons done une preuve de l'existence de l'adj. poss. dans une couche de langues de l'Asie Mineure. Est-il trop hardi de ramener à cette même couche aussi la fréquence de l'adj. poss. en slave et en tokh.? Les suffixes sont i.-e., mais la fréquence est due à une influence étrangère. L'emploi de cet adj. en éolien est intéressant. Si en effet les Grecs avaient apporté son emploi de leur habitat d'origine, on s'attendrait à trouver cet usage répandu dans tous les diulectes grecs, bien que leur immigration se soit produite en vagues suocessives. Comme, au contruire, l'emploi est limité a l'éolien, c. a d. au Nord du territoire grec, à la proximité de la Pontide, on a quolque droit de conjecturer qu'il s'agit là d'un fait de substrat. On ajoutera que O. Menghin a conclu à une influence protoehattique à l'Ouest de la Pontide (selon Kretschmer, Glotta 28, 259) et a la presence des Tokhariens dans le Kouban dans la première moitié du 2 millénaire (Weligeschichte der Steinzeit p. 557).V sla. jezikih je l a posebnost, da se ne reče hiša očeta, klobuk brata,ampak očetova hiša, bratov klobuk, ne klobuk sestre, ampak sestrinklobuk. Še starejši je sufiks -ji: bil je neindividualno svojilen, na njegovomesto je očitno z uvedbo zasebne lastnine stopil -ov, -in, ki se rabi,če gre za enega lastnika. Gen. stoji le, če ima poleg sebe atribut: hišamojega očeta. Tako je z izrazi za posest že v stcsl. (Vondrak II 231 s.).Kakor nas pouči Nahtigal, Slovanski jeziki2 223 s., je v ruščini in poljščiniraba po«, adjektiva »dandanes že precej omejena«, nasprotno SO' pati adjektivi v češčini »še povsem v rabi« in v južni slovanščini so v»polni moči«. O starosti tega načina izražanja v sla. jezikih torej nemore biti dvoma