Premier long métrage de Mitchell Lichtenstein, Teeth se situe au confluent du teen movie, du cinéma gore et de la science-fiction. Son héroïne pudibonde est aussi une adolescente « mutante » dotée d’un vagin denté. Parmi les trois voies empruntées par le film, on optera pour la dernière, la plus stimulante et la plus porteuse d’ « imaginaire ». Teeth n’est pas une œuvre de science-fiction au sens strict du terme. Ici, le genre fonctionne plutôt comme arrière-plan fantasmatique, réservoir mythologique ou encore relais de peurs archaïques et collectives à l’endroit de la sexualité féminine. Plus directement liés au genre sont les thèmes de la mutation, de la monstruosité (Dawn est l’héritière de La Femme de cinquante pieds, des monstres et autres aberrations de la série B des années cinquante) et de la Nouvelle Genèse qui montre à quel point Teeth est traversé par le conflit entre créationnistes et darwinistes ; conflit qui était d’une certaine manière à l’œuvre dans La Machine à explorer le temps (1895) ou, plus près de nous, dans La planète des singes (Franklin J. Schaffner, 1967). Sans être frontalement un film de science-fiction, Teeth flirte avec l’imaginaire du genre. Mieux, il le révèle comme imaginaire à part entière