La photographie, dès sa naissance, entretint des relations tout à la fois difficiles et opaques avec l’art. En France notamment, et cela jusqu’à l’aube du xxe siècle, nombre d’écrivains et artistes se liguèrent pour affirmer qu’entre les deux, seuls prévalaient des rapports de subordination de la première au second. L’intérêt et la possible reconnaissance de la photographie en tant qu’art ne se manifesta donc qu’assez tardivement, une fois marginalisées les productions du premier « pictorialisme » visant à aligner l’esthétique du nouveau médium sur celle de la peinture. Au cours de la première moitié du xxe siècle, en partie grâce au surréalisme, la photographie entra progressivement dans le champ de l’art avant qu’au cours des années 1970, un emballement se produise, autorisant des légitimations rétrospectives rehaussées de justifications théoriques et esthétiques. L’entrée en scène du numérique contribua à l’accélération de ce mouvement de fusion – absorption par l’art contemporain, dont il n’est pas inutile de se demander s’il n’est pas une autre manière de soumettre la photographie à une identité rétrécie et réductrice.From its birth, the discipline of photography has had a difficult, complex relationship with art. In France, particularly, and until the dawn of the 20th century, a number of artists and writers colluded to support the idea that photography was nothing but a subordinate to art. This started changing progressively, partly thanks to surrealism.Anfangs unterhält die Photographie bevorzugte und zugleich schwere und undurchsichtige Verhältnisse mit der Kunst. Das Interesse an die Photographie und ihre Anerkennung als Kunst offenbaren sich später