La notion d’imaginaire a pu accéder à une compréhension critique dès lors qu’il a été possible d’isoler, en mythologie, des éléments discrets (appelés mythèmes) en permettant l’analyse. Les mythèmes forment la base des mythes, matrices de l’imaginaire humain. Ces mythèmes n’ont toutefois pas un statut comparable aux lexèmes ou sémèmes de la linguistique. Ils constituent un complexe d’éléments langagiers (phonétiques, sémantiques) autant que visuels relevant surtout de l’anthropologie. On peut parler d’une verbo-iconicité de l’imaginaire qui reconnaît l’existence d’une véritable « pensée par images », complémentaire (et non antithétique) de la pensée par concepts. L’existence d’images mnésiques précédant les actes de langage est postulée aux racines mêmes de l’imaginaire humain. L’avenir de ces recherches passe désormais par les sciences cognitives, l’imagerie cérébrale et la théorie des fractales qui confirmeront ou infirmeront les intuitions bachelardiennes sur la morphogénèse des images