Mettre en contexte les résultats d'une analyse de cycle de vie : développement de facteurs de normalisation canadiens et problématique de la définition des frontières
RÉSUMÉ
En Analyse de Cycle de Vie (ACV), l’étape de normalisation fait suite à la phase d’évaluation
des impacts et peut être utilisée comme support à l’interprétation. Elle permet de calculer
l’amplitude d’un résultat d’impact par rapport à l’impact total d’un système de référence. Bien
que cette étape soit facultative selon ISO (International Organization for Standardization (ISO),
2000a), le fait d’exprimer les résultats d’une ACV sur une base commune permet de comprendre
l’amplitude relative des différents impacts par rapport à la référence sélectionnée. Ces résultats se
retrouvent également exprimés dans la même unité et sont donc sous une forme appropriée pour
une pondération future. Parmi les deux approches existantes, soit la normalisation interne et la
normalisation externe, la normalisation externe permet en plus de placer les résultats d’une ACV
dans un contexte plus large, par exemple un contexte géographique (pays, continent ou monde)
(Norris, 2001). Enfin, l’utilisation de valeurs de référence externes permet de réaliser un contrôle
de cohérence de l’inventaire de cycle de vie (ICV) des produits étudiés. Les valeurs de référence
utilisées dans le cadre de la normalisation externe correspondent aux impacts totaux de la zone
géographique considérée et sont appelées facteurs de normalisation (FN).
Il est généralement recommandé d’utiliser des FN adaptés au contexte géographique dans lequel
l’étude ACV a été réalisée (Udo de Haes et al., 2002). Des FN ont été développés pour différents
pays et continents (e.g. Pays-Bas (Breedveld et al., 1999; Huijbregts et al., 2003a; Sleeswijk et
al., 2008), Danemark (Stranddorf et al., 2005), Europe (Jolliet et al., 2003), États-Unis (Bare et
al., 2006)) mais le contexte Canadien n’a jusqu’alors jamais été considéré. Ceci conduit donc à la
première hypothèse de recherche, c’est-à-dire qu’il est nécessaire de calculer des FN adaptés au
contexte géographique Canadien car les activités économiques et industrielles diffèrent d’un pays
(ou continent) à l’autre ce qui conduit à des différences significatives en termes d’impacts totaux.
Il est également important de calculer l’incertitude relative aux FN pour permettre aux praticiens
de l’ACV de raffiner et de nuancer leurs conclusions sur les résultats normalisés. Bien que
souvent discutée de manière qualitative, cette incertitude n’a jamais été quantifiée.----------ABSTRACT
In Life Cycle Assessment (LCA), the normalization step follows the impact assessment step and
can be used as a support for interpretation. It calculates the magnitude of a potential impact in
respect of the total of a given reference. Even though normalization is optional in LCA according
to ISO standards (International Organization for Standardization (ISO), 2000a), it has the
advantage of expressing LCA results on a common basis that allows the determination of the
relative importance of the different effects to the selected reference. These results are expressed
in a common unit, and thus are in a suitable form for the (possible) following step: weighting.
Among the two existing approaches, namely internal and external normalization, external
normalization has the advantage to place the LCA results in a broader context, for example a
geographical context (country, continent or world) (Norris, 2001). The use of external values of
reference allows a consistency check of the Life Cycle Inventory (LCI) of the studied products.
The values of reference used in external normalization correspond to the total impacts of the
selected geographical area and are called normalization factors (NFs).
It is generally recommended to use NFs adapted to the geographical context in which the LCA
study is carried out (Udo de Haes et al., 2002). NFs were developed for various countries and
continents (e.g. Netherlands (Breedveld et al., 1999; Huijbregts et al., 2003a; Sleeswijk et al.,
2008), Denmark (Stranddorf et al., 2005), Europe (Jolliet et al., 2003) or the United States (Bare
et al., 2006)) but up to now, never in a Canadian context . This leads to the first hypothesis, i.e.
that it is necessary to calculate NFs adapted to the Canadian context because economical and
industrial activities differ from one country (or continent) to another, which leads to significant
differences in terms of total impacts. It is also important to calculate uncertainty related to the
NFs has it allows LCA practitioners to refine and/or moderate their interpretation of the
normalized results. Although often discussed in a qualitative way, the NFs’ uncertainty was never
quantified