À la naissance du roman policier est une fenêtre. Ou plus exactement deux : dans le texte
fondateur du genre, The Murders in the rue Morgue (Double assassinat dans la rue Morgue) d’Edgar Allan
Poe, publié en 1841, la première fenêtre est celle du coeur de l’homme, ouvert à la perspicacité
extraordinaire du détective Auguste Dupin, suivant l’aveu du narrateur cité en épigraphe ; la
seconde fenêtre est celle qui permettra la résolution de l’énigme. Autant dire qu’aucun autre texte
littéraire ne sonde aussi profondément l’aspect paradigmatique de la fenêtre comme moyen
d’accès à la connaissance, dans la mesure où la nouvelle de Poe établit un lien étroit et inséparable
entre les deux aspects qui fondent la démarche herméneutique : l’aspect analytique, la fenêtre
étant le lieu privilégié, au sens propre comme au sens métaphorique, de l’observation ; et l’aspect
pratique, la fenêtre constituant la clé du mystère que seul le détective saura trouver