Pour être compétitives et durables, les agricultures tropicales ont besoin de se fixer, de s'intensifier et de se diversifier, tout en entretenant leur fertilité, ceci dans des contextes de forts risques écologiques et économiques. Pour résoudre les contraintes auxquelles elles sont confrontées, on préconise une approche agrobiologique centrée sur le non-travail du sol et le semis direct réalisé sur couverture végétale permanente. Deux principes de base sont à respecter : le premier est de limiter le remaniement mécanique du sol à la seule implantation de la semence, de le couvrir pour le fixer et le protéger totalement et toute l'année du ruissellement érosif, de minimiser les amplitudes thermiques et d'humidité et ainsi, de reconstruire un écosystème stable favorable à l'activité biologique et à la préservation de la matière organique du sol; le deuxième principe est de faire travailler la nature, en l'occurrence le système sol/biomasse, en utilisant ses ressources (photosynthèse, macro- et méso-faune, microflore, libération des éléments minéraux piégés et immobilisés...) par l'action bénéfique et améliorante de certaines plantes de couvertures annuelles ou pérennes et de successions ou associations culturales choisies. Cet ensemble de techniques doit être abordé à la fois dans ses dimensions agronomique, agro-technique et agro-socio-économique, qui se combineront différemment et de façon spécifique selon les situations agraire