Les termes «post-moderniste» et «post-moderne», volontiers confondus, ont rejoint la
vulgate universitaire, la cohorte des adjectifs attendus, «branchés», passe-partout. Et si
on prenait les termes au sérieux? Et si on s'efforçait de lire les clivages, les confusions
et les contradictions dans l'usage immodéré de ces termes? Et si on préférait s'en remettre
à ce que nous disent des textes particuliers plutôt que de faire glisser nos incertitudes
sous le tapis commode de néologismes permettant d'attendre? On verrait alors que, faute de
projet, les onomathurges de l'esthétique contemporaine ne font que dissimuler le vide et
l'angoisse de notre culture sous la feuille de vigne de mots composés qu'il n'est peut-être
pas, après tout, indispensable «d'expliquer aux enfants»."Post-modern" and "post-modernist" are often confused and undifferentiatedly feed the
academic vulgate. What if one took these termes for what they really mean? What if one read
them as covering contradictions and confusions? What if one preferred the analysis of
precise texts to such neologisms used as a sort of waiting station? Wouldn't one, then,
realize that critical onomathurgists only use them to hide the vacuity and anguish of our
culture, as vineleaves of compound adjectives which it may not, after all, be indispensable
to "explain to children", as Lyotard once proposed