Où se manifeste le facteur local en traduction pragmatique, avec quels enjeux et quels horizons théoriques ? Abordée à partir d’exemples empruntés à la technique, à l’économie et à la presse, cette question débouche sur un paradoxe traductologique : celui de réunir artificiellement, sur l’importance de traduire non pas ce que le texte dit, mais ce qu’il fait, des auteurs en totale contradiction, et dont les seuls points communs semblent être une prise de distance par rapport à la linguistique et une réflexion fondée sur la traduction de la Bible. Tenter de surmonter ce paradoxe afin de produire, à partir du même facteur local, une recherche pertinente en pragmatique conduit à se demander si le problème n’est pas dans le choix des textes de référence, ainsi que sur la possibilité et l’intérêt d’une émancipation de la traductologie pragmatique par rapport aux théories plus littéraires ou se voulant généralisantes. Cette démarche permet in fine d’isoler un trait que nous pensons décisif en traduction pragmatique : c’est lorsqu’il y a défaut (inaperçu) d’identité entre source et cible que l’on peut dire qu’il y a véritablement traduction.Where will the local factor be encountered in pragmatic translation? What is at stake there and which theories do those phenomena relate to? This question is first considered using examples from technical, business or journalistic texts. It leads, however, to a paradox, one that artificially agrees on the importance of translating the thrust of the text, not just what it says, and thus unites authors that disagree on nearly everything else and whose sole common points are a certain reluctance toward linguistic approaches and the use of the Bible as a touchstone for their reflections. Trying to overcome this paradox to produce research that is useful and operative in pragmatic translation leads to two questions. First, does the problem lie in the choice of reference texts? Second, is it possible and worthwhile to emancipate pragmatic translation studies from other theories that are more inclusive or specifically grounded in literary texts? This approach ultimately reveals a feature we consider decisive in pragmatic translation: the core of the translating activity emerges in those rare places where identity between source and target texts is absent, albeit imperceptibly