Depuis les années 1980, le gouvernement canadien a misé sur le développement des
biotechnologies dans l’intention de faire du pays un "chef de file" dans ce secteur.
Plusieurs programmes ainsi que des mesures réglementaires et financières ont été mis
de l’avant afin d’atteindre cet objectif. Le Canada se situe donc aujourd’hui parmi
les premiers pays au monde en termes de cultures d’organismes génétiquement modifiés
(OGM) à visé agroalimentaire.Au sein des nombreux champs d’OGM canadiens se dressent, depuis 1994, des
plantes transgéniques dont le but serait de produire, éventuellement, des molécules
pharmaceutiques. Nommées pharmacultures ou molécultures pharmaceutiques, ces
nouveaux OGM posent de multiples enjeux dont les principaux sont liés à la
contamination des sources d’alimentation et de l’environnement. Ces enjeux
sanitaires, environnementaux et socioéconomiques ne se circonscrivent cependant pas
uniquement à l’espace canadien. L’expérience des OGM agroalimentaires montre en
effet que dans le contexte scientifique et réglementaire actuel, aucune frontière
biologique, physique ou politique ne semble pouvoir contenir adéquatement la
contamination transgénique.Situés en porte-à-faux entre le développement économique et la protection de la
santé et de l’environnement, le gouvernement canadien et ses agences tel l’Agence
canadienne d’inspection des aliments affirment pourtant concilier avec succès ces
deux aspects. Or, l’analyse des politiques canadiennes relativement à l’encadrement
des pharmacultures montre notamment que l’intégration de la dimension économique au
mandat des agences de protection influence directement la réglementation et mine le
processus d’évaluation scientifique des plantes transgéniques, contribuant ainsi à
mettre en jeu la santé des populations et l’environnement.During the years 1980’s, the Canadian government decided to stimulate the
development of biotechnologies in order to become a leader in this sector. Since
then, many policies as well as regulatory and financial initiatives have been
designed by the government to achieve that goal. As a result, Canada is today among
the firsts countries in the world in terms of hectares of genetically modified (GM)
crops.Within these multiple fields of GM crops grows, since 1994, transgenic plants
which could eventually produce pharmaceutical molecules. Called pharma-crops, these
new genetically modified organisms (GMO) could, among many other things, contaminate
the food system and the environment. We have learned from recent events related to
GM crops that in the actual scientific and regulatory context, no biological,
physical or political limits seems to be able to contain effectively transgenic
contamination. As such, pharma-crops could generate health, environmental and
socioeconomic impacts which would spread beyond the Canadian territory.Despite that, the Canadian government and his regulatory agencies such as the
Canadian Food Inspection Agency maintain that they can, at the same time, stimulate
economical grow and protect the population’s health and the environment. The
analysis of the policies and regulations in Canada underline that the economical
goal actually jeopardise the regulatory process and the scientific evaluation of
pharma-crops and thus, put at stake the protection of the populations and the
environment