Depuis quelques années, des affrontements opposant des jeunes dont les principaux modes de différenciation reposent sur l’ethnicité se produisent régulièrement en Corse. Leur apparition épisodique dans les débats publics français nourrit l’idée d’un lien entre nationalisme corse et racisme. Un regard généralisateur, voire parfois stigmatisant, est alors porté sur la Corse. L’étude des relations interethniques dans les villes d’Ajaccio et de Bastia permet de nuancer ces perceptions. Alors que la situation prévalant à Ajaccio laisse entrevoir la prégnance d’un racisme conservateur qui traduit les difficultés des classes moyennes locales en butte aux phénomènes liés à la globalisation, l’étude des relations à l’oeuvre dans l’agglomération bastiaise révèle des processus de résistance à l’entrée des personnes d’origine maghrébine dans l’espace des pratiques citoyennes.In the past few years, regular confrontations have been occurring in Corsica between young people whose main mode of social differentiation is based on ethnicity. These conflicts are frequently mentioned in public debate in France, and feed the notion of a link between Corsican nationalism and racism. Corsica is thus considered in a generalizing, if not stigmatizing, way. However, such a dark picture of interethnic relations should be nuanced in regard to cities such as Ajaccio and Bastia. In Ajaccio it appears that there is a kind of conservative racism that echoes the hardships of the local middle-class facing globalization, while in greater Bastia, studies focusing on interethnic relations reveal a process of resistance against people of North African descent participating actively in the life of the city