Cet article vise à partir de trois bandes dessinées de Pahé à interroger l’espace (culturel, politique, hospitalier) suscité par le neuvième art où un auteur se départit des illusions constitutives de sa condition en se dessinant, c’est-à-dire en se pensant. Qu’apporte ce mode de figuration et d’auto-représentation contemporaine ? Qui met-on dans les cases et comment ? Ces nouvelles présences visualisées sont-elles source d’identification, de fierté, de reconnaissance ? Que recouvrent ces images ? Que condensent-elles ? Que traduisent-elles de nos sociétés, de leurs latences, de leurs espérances ? Dans cette recherche, la bande dessinée n’est pas envisagée comme une illustration ou une historiette allusive à la problématique de l’auto-représentation mais considérée comme un mode de connaissance capable de rendre compte des nuances, des transformations et des ruptures qui travaillent et façonnent les pratiques sociales tant individuelles que collectives.Using three comic strips drawn by Pahé as a starting point, this article examines the cultural, political, and hospitable space evoked by the ninth art, by means of which an author rids himself of the illusions proper to his condition by drawing himself, that is, by introspection. What does this form of contemporary imaging and self-representation attempt to convey? What is put in the panels and how? Are these new visual appearances a source of identification, of pride, of recognition? What is behind the images? What do they epitomize? What do they say about our societies, about their potential, about their expectations? This study looks at the comic strip not as an illustration or a simple anecdote concerning the question of self-representation, but as a form of understanding capable of recognizing the subtleties, the transformations and the disruptions which shape both individual and collective social behaviour