research

Réflexions sur la réflexivité théâtrale

Abstract

Narcissique, le théâtre exhibe toujours son fonctionnement. Phénomène le plus abouti de métathéâtralité, le « théâtre dans le théâtre » est loin de constituer la seule manifestation d’ostension théâtrale. Si on considère le théâtre dans sa traditionnelle analogie avec le tableau, et en empruntant aux analyses de Louis Marin concernant le fond, le plan et le cadre (De la représentation), on constate que ces marqueurs de réflexivité ne sont pas spécifiques à la peinture, mais qu’ils s’appliquent aussi au texte spectaculaire. Objet regardant et regard sur cet objet, le théâtre est doué d’un double regard sur le monde et sur l’art dramatique. Loin que ces regards divergents perturbent la vision, ils la rendent au contraire beaucoup plus perçante. Réfléchi comme fait, le théâtre ne cesse pas de représenter comme signe et, à l’instar de la fonctionnalité de celui-ci, fait de la réflexivité à la fois une irrémédiable nécessité et une vertu admirable.The article analyzes how three major devices inherent to painting, and discussed by Louis Marin (De la représentation): background, foreground, and frame, are relevant when applied to performance text. Transposed to theater, these painterly devices correspond to the stage, the “fourth wall” and, rather than to the footlights, I associate the painting frame to the spacio-temporal nature of any given play. While questioning the postulated difference between “theater within theater” and “role playing”, and distinguishing these two theatrical phenomena from “theatrical disguise”, I demonstrate that the mentioned-above devices make all performance texts both, and at the same time, representing and showing themselves representing

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