Les antidépresseurs sont parmi les médicaments les plus prescrits et consommés au Québec, au Canada et en Occident, non seulement pour les dépressions mais aussi pour des affections très variées. Ils sont devenus une « marchandise » très prisée dont la valeur d’usage, c’est-à-dire son utilité sociale, est la promesse du rétablissement de l’action de la personne déprimée. Dans cet article, il s’agira de considérer, du point de vue de l’utilisateur, les expériences complexes de la prise d’antidépresseur afin de saisir les tensions typiques qui les traversent, les caractéristiques générales qui les distinguent et les dimensions collectives qui les lient de manière spécifique en leur conférant une certaine unité.Antidepressants are one of the most prescribed and consumed drugs in Quebec, Canada and other Western States, not only for depressions but also for various and diverse afflictions. They have become a highly rated “merchandise” for which the use value, in other words its social utility, is the promise of restoring the depressed individual’s action. In this article, we will consider, from the perspective of users, the complex experiences that come with taking antidepressants in order to seize the typical tensions that most describes them, the general characteristics that best distinguishes them and the collective dimensions that link them together while conferring them a certain unity