research

La terminologie, une question de termes ?

Abstract

Pour les terminologues historiques, le terme s’oppose radicalement au mot. Il est caractérisé par la monosémie, l’univocité, la précision de sa définition et un sens uniquement référentiel faisant de lui une étiquette apposée sur la chose. La terminologie se prétend purement onomasiologique et chargée de la standardisation des langages spécialisés. Or, depuis quelques décennies certains terminologues se sont rapprochés de la linguistique, surtout de la linguistique de corpus, pour construire une terminologie basée sur l’observation des discours, donc sémasiologique, dans laquelle le terme peut être polysémique, avoir des synonymes, avoir un sens influencé par son contexte. Pour eux, l’objectif premier n’est plus la standardisation mais la description des discours spécialisés. Ces nouveaux terminologues ont fait avancer la discipline en la rapprochant de la linguistique et en privilégiant l’observation de faits réels plutôt que l’évocation d’idéaux mais leur rejet des principes de la terminologie classique est peut-être excessif. Nous voulons montrer, en les examinant l’un après l’autre, que ces principes n’ont pas perdu tout intérêt, sur le plan de la langue et sur le plan social, en particulier pour la construction d’outils. Plutôt que d’accentuer les divergences entre les courants, il nous semble donc préférable de revendiquer leur complémentarité.For historic terminologists the term is most definitely not the word. The term is characterized by monosemy, univocity, precision of definition; its meaning can only be referential, hence it becomes nothing but a label attached to the thing it represents. Terminology, which claims to be purely onomasiological, aims at standardizing specialized languages. In recent decades some terminologists have moved closer to linguistics, and in particular corpus linguistics, to elaborate another terminology, based on discourse observation – and hence semasiological –where terms can be polysemic, have synonyms or be context-dependent. For them, the primary objective is no longer standardization but the description of specialized discourses. These new terminologists have advanced the discipline by bringing it closer to linguistics and observing real facts rather than invoking ideals. But their dismissal of all basics of classic terminology may have gone too far. By examining them one after the other we intend to show that these basic principles are still worthwhile, from a linguistic and social point of view, especially when tools need to be created. Rather than insisting on the differences between currents, we prefer to claim that they complement one another

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