Cette étude procède à une « autre » lecture du texte africain; en l’occurrence
celui de Sylvie Kandé, auteur de Lagon, lagunes,
tableau de mémoire, paru chez Gallimard en 2000.En effet, comme la plupart des écrivains antillais et africains francophones
contemporains, Sylvie Kandé semble cultiver et pérenniser une éthique de la
création, dont les modalités se résument essentiellement en « passage » et
« traversée », c’est-à-dire déconstruction, puis (ré)construction des normes
traditionnelles de l’écriture, ainsi que celles de l’ordre établi du monde.Plus précisément, Lagon, lagunes
possède la particularité de transcender les contraintes des genres littéraires, de
s’affranchir des exigences de la notion de « frontière » ou de « limite » qu’elle
abolit en la convertissant en « hors-limite ». Enfin, en tant que « tableau de
mémoire », Lagon, (le titre de l’oeuvre est
bien Lagon, lagunes) Lagunes représente le
monde en les rassemblant dans une même trame diégétique, les périodes charnières
africaines, antillais et européennes.This study proceeds to another reading of the African text, the one of Sylvie
Kandé, author of Lagon, lagunes, tableau de
mémoire, published by les éditions Gallimard in 2000.Indeed, just like most West-Indian and francophone African contemporary writers,
Sylvie Kandé seems to cultivate and perennialize an ethic of creation, whose
modalities can be resumed in « passage » and « traverseé », which the means
deconstruction, then (re)construction of traditional norms of writing, as well as
those of the established world order.More precisely, Lagon, lagunes has the
particularity of transcending the constraints of literary styles, to free itself
from the requirement of the concept of « border » or « limit » which is abolished
and changed into « off-limit ». In the end, as a « witness of memory » Lagon, lagunes represents the world, putting
together in one diegetic screen periods of the African, West-Indian and European
histories