Sous la forme d’un message à leurs évêques à l’occasion de leur visite ad limina à Rome, les supérieurs majeurs des communautés religieuses du Canada ont pris la parole sur la situation de leurs Églises locales. Ils reconnaissent des réussites, signalent des manques, remettent en question des orientations respectant trop peu l’expérience et le discernement des croyants, souhaitent ouverture et débats. Il s’agit là d’un geste prophétique d’éveil aux questions essentielles et d’appel à considérer les personnes dans leur cheminement. Or, applaudi par des laïcs, ce message n’a pas été reçu par les évêques. Cette non-réception a créé l’événement autant que la prise de parole. Les religieux ont osé suggérer d’ouvrir à la discussion des questions même controversées. Ils souhaitent un nécessaire travail d’interprétation de la foi, de la morale et des pratiques dans les conditions culturelles actuelles.Through a message addressed to their bishops during an ad limina meeting in Rome, the superiors of Canada’s religious communities expressed their concerns regarding the situation of their local Churches. They pointed out some strengths and weaknesses, questioned the fact that some decisions are not taken according to the believers’ discernment, and asked for more openness and consultation. This represents a prophetic action bringing forward central questions and calling the Church to pay attention to people’s life of faith. But the Message was not heard by the bishops, even if it was praised by the laity. That, as much as the decision to speak out, is significant: the religious communities dared to suggest that some controversial questions should be open to discussion. They are hoping for a necessary interpretive work on faith, morals, and customs within the current cultural setting