Après avoir analysé les processus de mise à mort et de destruction (ou enterrement anonyme) des corps dans les camps nazis et soviétiques, on examinera les rites élaborés au sein de la société concentrationnaire autour des mourants et des cadavres ainsi que l’état physique et psychologique particulier entre la vie et la mort qui fait l’objet de constructions narratives complexes dans les récits des survivants. On interrogera les stratégies visant à représenter ces états-limite et à reconstituer les espaces conçus pour produire du néant. On tentera de montrer que le texte du témoignage, au-delà de son objectif explicite – transmettre l’expérience – est un texte agissant investi de fonction de sépulture.After analyzing the processes of killing and destroying (anonymous burial) of bodies in Nazi and Soviet camps, this paper examines the rites created in the concentration camp communities around the dying, the cadavers, and the particular physical and psychological states between life and death that become the object of complex narrative constructions in the stories of survivors. We will investigate the strategies used to represent these limit-states and those used to reconstitute spaces designed to produce a void. We will attempt to show that the witness story, beyond its explicit objective – recounting an experience – is a living text invested with a sepulture function