Le panorama des productions cinématographiques de l’Allemagne de l’Est esquissé dans cet article illustre les changements thématiques dans le cinéma de la DEFA en ce qui a trait aux relations entre Russes et Allemands. Pendant plusieurs années, le soldat russe, comme personnage de fiction, est absent du cinéma est-allemand. Les représentations concrètes de la Deuxième Guerre mondiale ne réapparurent seulement qu’en 1954. À l’époque de la guerre froide, les films proposent une image déformée des Russes. Ce n’est que durant la période du « dégel» que les réalisateurs réussirent peu à peu à surmonter le tabou de la représentation de l’hostilité entre Allemands et Russes. Des films comme Die Russen kommen (Heiner Carow, 1967), qui a été interdit en RDA, ou Ich war neunzehn (Konrad Wolf, 1968), qui dépeignait la peur des Allemands à l’approche de l’Armée rouge, témoignent de l’aboutissement, même timide, de ces efforts.This panorama of film production in East Germany shows the gradual thematic changes in DEFA films regarding the relationship between Russians and Germans. For a number of years the Russian soldier was missing as a fictional figure in East German cinema. Direct representations of the Second World War reappeared only in 1954. In the Cold War era, film productions included distorted depictions of the Russians. Only during the “thaw” did directors slowly circumvent the taboo of portraying Germans and Russians as hostile parties, culminating in the making of films such as Heiner Carow’s Die Russen kommen (1967), which was forbidden in the GDR, or Konrad Wolf’s Ich war neunzehn (1968), in which German fear of the approaching Red Army is shown