Le Québec, paradis de la généalogie et « re-père » du patriarcat : où sont les
féministes? De l’importance d’aborder la généalogie avec les outils de la réflexion
féministe
Bien que les femmes aient avancé considérablement dans la reconnaissance de leur
égalité dans plusieurs domaines, la généalogie et les antécédents familiaux (couramment
appelés « histoire de famille »), loisirs de plus en plus populaires, restent,
paradoxalement, des domaines soumis à une théorie et à une pratique d’orientation
patriarcale. Et ce, parce qu’on s’aligne toujours sur les patronymes, hérités du père.
Ainsi, les femmes n’ont pas de descendance propre. Cette situation perpétue la
non-reconnaissance de l’importance des femmes comme mères en les rendant invisibles. Le
texte qui suit propose une critique féministe de cette situation, en particulier du cas de
la transmission du nom de famille depuis la révision du Code civil du Québec en 1981. À
partir de cette analyse, l’auteure suggère de faire exister l’autre moitié du monde par la
lignée utérine et sa pionnière utérine, ainsi que sa descendance utérine encore. Le tout,
dans le but de donner autant d’importance aux femmes qu’aux hommes en matière de généalogie
et d’« histoire de famille ». L’auteure se permet aussi d’indiquer des pistes de recherches
féministes pour faire avancer ce dossier.In spite of the fact that women have made giant steps in many different fields for the
recognition of their equality, genealogy and family history, leisure activities increasing
in popularity, remain paradoxically domains submitted to a patriarchal theory and practice.
The main reason being the constant orientation on the patronymics inherited from the father
figure. Thereby women have no ancestry of their own. This situation perpetuates the
non-recognition of the women’s importance as mothers by keeping them invisible. This text
suggests a feminist critique of the situation, focussing on transmission of family name
since the revision of the Civil code of Québec in 1981. Starting from this analysis, I
suggest to bring to life the other half of the world of uterine lineage by its uterine
pioneer, as well as the uterine ancestry, all of this with the aim of putting as much
emphasis on women as on men in genealogy and family history. Few paths within feminist
research are suggested to bring this claim forward