La quête de primitivisme ou le doute envers la civilisation : L’illustration visuelle dans Les Incas de Marmontel (1777) et Atala de Chateaubriand (1801)
Les Incas de Marmontel (1777) et Atala de Chateaubriand (1801) ont suscité dès leur parution une abondante imagerie. L’examen thématique d’une sélection d’estampes inspirées de ces deux romans révèle la construction d’un discours primitiviste sur la rencontre de l’Européen avec l’indigène américain. Au plan idéologique, les récits et les images soutiennent la critique de la mission civilisatrice et évangélisatrice, tandis que sur le plan esthétique, ils traduisent la crise du classicisme et son renouvellement thématique. Le corpus graphique inspiré des Incas et d’Atala se répartit en trois catégories d’images : les illustrations de livres, les suites narratives d’estampes et les estampes d’interprétation des tableaux exposés au Salon. Le rapport entre image et textualité, variable selon ces catégories, révèle une autonomie croissante de l’image par rapport au texte.As soon as they were published, Marmontel’s Incas (1777) and Chateaubriand’s Atala (1801) gave rise to much imagery. The thematic examination of selected prints inspired from these two novels demonstrates the construct of a discourse tinged by primitivism as relates to European encounters with American natives. On an ideological level, both the narratives and images reinforce the criticism levelled at civilising and evangelising efforts while, on an aesthetical plane they convey the crisis of Classicism and its thematic renewal. The graphic corpus derived from Incas and Atala is three-fold : book illustrations, narrative series of prints, and prints after paintings exhibited at the Salon. While differing from one category to the next, the relationship between the word and the image is revealed as increasingly independent