À partir d’un corpus de souvenirs touristiques relevés dans des intérieurs domestiques de la diaspora arménienne du Québec, cet article se propose de retracer le parcours des objets, de leur acquisition en Arménie jusqu’à leur intégration dans les maisons. En partant de l’hypothèse que le sens investi dans ces artefacts ne se limite pas à la simple remémoration d’un voyage, il devient nécessaire de cerner ce qui leur donne une valeur ajoutée. La richesse de la production est d’abord analysée par ses formes et ses thèmes ; on y découvre une culture matérielle au service du territoire et de l’identité arménienne. Les sphères sociales convoquées lors de la circulation des artefacts montrent, ensuite, l’influence des transactions économiques et humaines sur les significations dont ils sont porteurs. Enfin, l’observation des objets dans les espaces privés apporte des éclairages sur les rôles qui peuvent être tenus dans la vie quotidienne des Arméniens déracinés. On les perçoit alors comme des repères d’appartenance ou des substituts de biens perdus, supports à partir desquels il est possible de reconstruire un univers culturel chez soi.Based on a corpus of tourist souvenirs uncovered in the domestic interiors of Quebec’s Armenian diaspora, this article proposes to retrace the path of certain objects, from their acquisition in Armenia to their integration into homes. Starting with the hypothesis that the meaning invested in these artefacts is not limited to the simple recollection of a trip, it becomes necessary to pin down what gives them added value. The richness of the production is first analysed through its forms and themes; here one discovers a material culture at the service of the Armenian territory and identity. The social spheres summoned during the circulation of the artefacts shows, next, the influence of economic and human transactions on the meanings they carry. Lastly, an observation of the objects in private spaces serves to clarify the roles that can be played in the daily lives of uprooted Armenians. Thus they can be seen as markers of belonging or substitutes for lost possessions, supports based on which it is possible to restructure a cultural universe wherever one calls home