L’expérience de l’exil en tant que dépossession a d’habitude été transmise de façon orale. Moins fréquente est la mise en images de cette expérience ou, autrement dit, l’utilisation du film comme support de la mémoire de l’exilé. Tel est le cas du film En el balcón vacío (1961), scénarisé par María Luisa Elío et réalisé par Jomí García Ascot. Offrant un support fictionnel aux souvenirs traumatiques de la guerre civile espagnole et de l’exil mexicain de la scénariste, García Ascot réalisa le seul film espagnol entièrement consacré à la mémoire d’une certaine Europe au sein des Amériques.The experience of exile as dispossession is usually passed on orally. The use of images to describe this experience, or the use of film as a support to the exile’s memory, is less frequent. En el balcón vacío (1961), written by María Luisa Elío and directed by Jomí García Ascot, is such an example. Using fictional elements to support Elío’s own traumatic memories of the Spanish civil war and the Mexican exile, García Ascot realized the only Spanish film entirely dedicated to the persistent memory of a specific Europe within the Americas