'International Union of Pure and Applied Chemistry (IUPAC)'
Abstract
En matière d’évaluation, le bon sens voudrait que l’épreuve de traduction soit le moyen le plus indiqué pour mesurer la capacité d’un individu à traduire d’une langue à une autre. La recherche empirique indique toutefois que dans bien des cas la subjectivité du correcteur et sa conception toute personnelle de ce qu’est la compétence de traduction, sont telles que son évaluation s’avère hautement infidèle et lui ôte par là-même la validité à laquelle elle semble pouvoir prétendre au nom du bon sens. En nous basant sur des résultats d’expériences menées en Belgique depuis trois ans, nous montrerons que la méthode de correction analytique, même appliquée avec beaucoup de rigueur, n’échappe pas à d’importantes carences sur le plan de la fidélité intra- et inter-correcteur.
Ensuite, nous mettrons en évidence l’impact des fautes de sens sur le score calculé par un correcteur chevronné et consciencieux, pour 107 étudiants-traducteurs, au moyen d’une grille d’évaluation comportant dix autres critères (ajouts, calque, grammaire, orthographe, oublis, ponctuation, registre, style, vocabulaire, contresens). Nous serons amenés à reconsidérer la notion de faute de sens et donnerons, en illustrant les rapports qu’entretiennent entre eux les problèmes de sens et les autres lacunes présentes chez de jeunes traducteurs, une image en creux de la compétence de traduction elle-même. Enfin, face aux limites de toute méthode d’évaluation (holistique, analytique ou normée), nous plaiderons pour un retour au bon sens, mais à un autre niveau que celui invoqué habituellement, à savoir par un abandon de l’approche strictement spéculative en faveur de la méthode expérimentale