Le désistement du crime pendant la transition à l’âge adulte : l’influence des relations sociales

Abstract

Les jeunes adultes de 18 à 24 ans représentent la tranche d’âge parmi laquelle le taux de criminalité est le plus élevé. Ce constat est préoccupant, car ces jeunes traversent au même moment une période cruciale pour le développement identitaire, l’établissement de relations sociales significatives et l’intégration socioprofessionnelle. D’ailleurs, des études du désistement du crime, c’est-à-dire le processus par lequel une personne ayant commis plusieurs infractions criminelles cesse de perpétrer des actes délinquants et adopte une trajectoire prosociale (Maruna et Farrall, 2004), soulignent que le soutien social (p. ex. des pairs, de la famille, des relations amoureuses) contribue à ce processus de changement (Abrams et Tam, 2018; Barr et Simons, 2015; Copp et al., 2020; Craig et Foster, 2013; Haffejee et al., 2013; Kay, 2022; Panuccio et al., 2012; Weaver et McNeill, 2015; Zdun et Scholl, 2013). Toutefois, la façon et le moment dont ce soutien exerce une influence positive sont peu connus. La présente étude vise donc à mieux comprendre le rôle des relations sociales dans le désistement du crime de jeunes adultes judiciarisés. Pour ce faire, une analyse secondaire de données qualitatives récoltées dans le cadre du programme de recherche (RÉ)SO 16-35 a été réalisée. Un échantillon de neuf personnes s’identifiant au genre masculin a été constitué parmi les 67 personnes ayant participé à une entrevue semi-structurée aux deux temps de mesure (entre décembre 2018 et janvier 2020, puis entre novembre 2020 et février 2022). Les résultats de l’analyse thématique montrent que les relations sociales soutiennent le processus de désistement du crime, notamment lors des transformations cognitives au cœur du désistement du crime selon Giordano (2022) : elles soutiennent l’ouverture aux changements et les changements identitaires, en plus de contribuer à la réévaluation négative des comportements criminels. Pour certains, elles représentent des grappins à changement ou en favorisent l’accès. Cette étude propose des pistes de réflexion et d’action sur le rôle des relations sociales pour soutenir le désistement du crime lors de la transition à l’âge adulte

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