International audienceThe relations between the neurosciences and phenomenology enable us today— thanks to the works of M. Merleau-Ponty, G. Simondon, F. Varela, A.R. Damasio and V.S. Ramachandran—to define the brain as a biosubjective organ: its constitution, its functioning, and its interactions prove that a description of individuation can fit in a cognitive neurophenomenology. In this framework, the mental state acquires a subjective autonomy even if it is an illusion in regard to the determining conditions of brain functioning. I critiqued this type of reductionist reasoning because another description of the construction of the body is possible: the interaction of the body with its environment begins in the formation of the nervous system by the different levels of plasticity (Andrieu, 1998). Neural plasticity is the experimental proof that determinism is not strict in the development of the body. Phenomenology performs the distinction between the lived body and the subjective body and at the same time enables a new description thereof, including biology and neurobiology.La phénoménologie avait pu réintroduire le corps vécu, mais sans le corps vivant, en décrivant la présence du monde dans la perception et la projection intentionnelle du mental dans l'environnement corporel. Le corps dans la phénoménologie de Husserl, analysé à la fois comme res extensa, res materialis, res temporalis, s'éloigne du matérialisme en privilégiant un idéalisme transcendantal [Dood 1997, 61-81]. La phénoménologie du corps dans son rapport à la biomédecine pose pourtant le problème du sujet et de l'objet [Themas 1991, 43- 58]. Car à la différence de la phénoménologie transcendantale de M. Henry qui isole le corps vécu de toute référence biologique, le second Merleau-Ponty a su penser l'interaction du corps avec le monde par l'empiètement, le chiasme, l'entrelacs [Saint Aubert 2004, 147-205]. Le chiasme a pu apparaître chez M. Merleau-Ponty comme un monisme matérialisme par l'interaction de la chair et du monde [Evans, Lawlor 2000]. Il conviendrait d'accomplir, selon Natalie Depraz un tournant pratique de la phénoménologie en tressant un lien entre phénoménologie, cognition et sciences : “ dans le contexte contemporain des sciences cognitives, il apparaît en effet de plus en plus clairement qu'une méthode disciplinée des données en première personne inspirée de la phénoménologie est requise dans le cadre même de l'étude en troisième personne de la dynamique neuronale du sujet ”[Depraz 2004 53]. Mais la chair reste un concept de la phénoménologie d'un corps subjectif, car J.Patocka estime que l'incarnation est une clef fondamentale pour comprendre le lien entre corps et phénoménologie, dans la mesure où le corps est la structure personnelle de l'expérience du monde : “ notre corps est un concept situationnel ”[Patocka 1998, 27]. Le schéma corporel est pourtant une notion pré-noétique dont la régulation des postures et des mouvements exige une description des processus automatiques dans un contexte médical plutôt que strictement phénoménologique [Gallagher 2001, 149]. Le lien entre médecine et phénoménologie renouvelle ainsi la signification proprement phénoménologique de la chair : contre la désincarnation du corps par la médecine interne, Katherine Young défend la thèse que notre propre matérialité est celle de la corporalité du soi rendant notre propre chair comme un mode de subjectivation [Young 1997, 136]