Des émeutes graves ont embrasé les banlieues françaises en automne 2005, à l’image de celles qui avaient secoué la Grande-Bretagne vingt ans auparavant. Dans les deux cas, les facteurs sous-jacents à ces manifestations violentes se rejoignent dans le désespoir des jeunes des minorités ethniques (d’origine immigrée): le désavantage social est décuplé par l’échec scolaire, le chômage, la pauvreté, un avenir sans issue; par le racisme et la discrimination avec leurs cortèges d’humiliations quotidiennes et les injustices qui en découlent. Ces jeunes ressentent un fort sentiment d’impuissance généré par l’impossibilité de se faire entendre. Les actions policières ont ensuite allumé la poudrière. Il nous incombe de nous interroger sur les mesures à prendre pour remédier à cette situation grave et pour l’éviter dans les nouveaux pays d’immigration. Cet article examine comment tirer les leçons de cette expérience pour l’Espagne