La réécriture d’Héraclius (1647) de Pierre Corneille en 1806-1807 constitue un bel exemple de la malléabilité de la tragédie classique au fil du temps, surtout lorsque son statut a été remis en cause par le romantisme naissant. À partir des « Changements ordonnés » de la Police et l’exemplaire de la Comédie-Française, cet article examine les enjeux pour l’État et le public dans la réécriture. Il considère ainsi le rôle de ces changements comme une forme de censure et de propagande, mais aussi comme une traduction temporelle pour l’aboutissement à une culture commune, permettant la reconstruction nationale après la Révolution.
The rewriting of Pierre Corneille’s Héraclius (1647) in 1806-1807 is a prime example of ‘neo-classical’ tragedy’s malleability over time, especially as its status was being questioned by the rise of Romanticism. Focusing on the Police’s ‘Changements ordonnés’ for Héraclius and their corresponding copy in the archives of the Comédie-Française, this article examines the stakes for both the government and the public in rewriting classical tragedy. Consequently, it will envisage these changes for their role in censorship and propaganda, but also as a temporal translation for the increased shared culture, allowing for national reconstruction after the French Revolution