Le sexe social intervient dans la construction de la représentation de plusieurs maladies chez les Mossi du Burkina Faso, en particulier celles qui concernent la sexualité (maladies transmises lors d'un rapport sexuel), la reproduction individuelle (infécondité, impuissance) et la reproduction du groupe (maladies des enfants - propriété du patrilignage - et sorcellerie). Lorsqu'elles existent, ces interférences se traduisent principalement par une asymétrie dans les modèles étiologiques et les logiques d'imputation et sont autant d'occasions de faire valoir les normes sociales associées à chaque sexe et les risques engendrés par leur transgression. La maladie apparaît donc comme l'un des lieux d'expression mais également comme un espace de légitimation de la différenciation sociale des sexes