Les Wodaabe, vrais pasteurs sahéliens, deviennent pourtant de plus en plus nombreux en savanes humides de Centrafrique . C'est le résultat d'un transfert migratoire de grande ampleur. Il s'est accéléré récemment, en adoptant des itinéraires plus directs. L'arrivée des Wodaabe en Centrafrique ne met pas un terme à la mobilité, méthode de leur pastoralisme. La spécialisation dans l'élevage conduit ces Mbororo à des choix originaux : l'isolement en brousse, la méfiance à l'égard des pouvoirs, la répugnance pour le travail agricole. Mais ce système pastoral "pur" ne survivra peut-être pas longtemps. Il ne peut se maintenir qu'à la faveur d'échanges réguliers avec des cultivateurs. Or ceux des savanes humides refusent le troc des denrées agricoles avec des produits laitiers. Les Wodaabe ont trouvé un refuge pastoral en Centrafrique mais en s'enfermant dans une impasse géographique. (Résumé d'auteur