La communication rend compte d'un poème de 153 vers dans sa version en foulfouldé et sa traduction française, précédées d'un commentaire. Ce poème appartient au genre boori, encore inconnu du monde scientifique parce que n'ayant jamais fait l'objet de publication. Pratiqué dans l'Adamaoua camerounnais, le boori s'apparente au daacol de l'Extrème-Nord du Cameroun qui, lui-même, d'après la typologie des genres littéraires peuls proposée par Christian Seydou, s'apparente aux jammooje na'i du Mali. Le boori est une sorte de description poétique de l'Adamaoua avec ses principales ressources. Il distingue plusieurs catégories dans la société : esclaves, Peuls nobles, souverains, notables, non-Peuls (haabe). Surtout, il parle des boeufs, les complices de l'homme, et le poète sait les observer. Les jeunes bergers passent leurs journées à garder les troupeaux puis ils se divertissent, le soir, dans le cadre du hiirde. Ce poème n'est pas un produit de l'imagination de Yâya Nguessek mais l'expression culturelle d'un peuple. (Résumé d'auteur