Ce texte décrit et analyse les premières étapes de
construction d’un dialogue interdisciplinaire entre une anthropologue
et des hydrologues, à partir d’une recherche sur des documents d’archives.
Outre leur intérêt pour une anthropologie des usages de l’eau, les
archives se constituent en objets « passeurs de frontières » entre
deux mondes disciplinaires. D’une part, en tant qu’objets (cartes
et rapports anciens), les documents d’archives viennent s’insérer
dans la pratique quotidienne de l’interdisciplinarité, initiant
ainsi des discussions puis une production de connaissances partagées.
D’autre part, les archives permettent d’engager la construction
d’un regard sociohydrologique sur un lieu d’étude commun (Tunisie
centrale), à travers une progression de la réflexion par « frottement
disciplinaire » autour d’informations contenues dans ces documents