Second volet d'un travail réflexif sur la construction d'une démarche sociohydrologique, cet article analyse le rôle central du « terrain en commun » dans l'émergence et la structuration de convergences scientifiques entre un hydrogéologue et une anthropologue. Pratique de recherche, support d'observation et de problématisation, le « terrain » est à la fois acteur et produit de l'interdisciplinarité. De cette analyse apparaissent des points communs inattendus entre des démarches disciplinairement éloignées : le rapport au terrain, à l'observation, à l'incertitude et à l'invisibilité des faits considérés. La pratique du terrain en commun aboutit à une vision partagée de l'espace étudié d'où émergent une redéfinition des questions qui font sens et la manière d'y répondre. Cette analyse permet d'expliciter les spécificités d'une recherche interdisciplinaire « fondamentale, inductive et endogène ». (Résumé d'auteur