Les travaux sur le gouvernement local envisagent souvent l’action publique comme un point
d’observation des transformations du rapport au pouvoir central [Payre, Pollet, 2005]. Dans
cette perspective, les analyses qui s’attachent à dévoiler l’activité du maire cherchent plutôt à
démêler les mécanismes de constitution de son pouvoir dans la grande tradition des notables
locaux [Grémion, 1976, Lagroye 1973]. L’étude du travail politique de l’élu, de la
constitution d’un réseau de soutien - le « fief » chez Jacques Lagroye - et de son rôle dans la
constitution d’une capacité d’action pour sa ville semble prédominer [Borraz, 1998]. De plus,
les analyses sont particulièrement marquées par l’empreinte systémique qui fait de l’analyse
des politiques publiques un support pour étudier les relations horizontales et verticales entre
les acteurs, et leur capacité à gouverner, c’est-à-dire, au sens de J. Leca, à agréger des intérêts
et à donner une direction à la collectivité [Borraz, 1998, Borraz et Le Galès, 2001] (...)