International audienceD’après le concept des origines développementales de la santé et des maladies (DOHaD), il existe une relation entre l’environnement nutritionnel maternel, le développement fœtoplacentaire et le risque pour la descendance de développer des maladies à l’âge adulte. Ce concept a été validé à la fois chez l’homme et les animaux de rente. Au cours de la gestation, le placenta, dont l’origine est fœtale, est l’organe responsable des échanges entre la mère et le fœtus. Il est sensible à un environnement maternel délétère, lequel peut affecter sa morphologie, ses flux sanguins, les échanges fœto-maternels (transporteurs) et/ou sa fonction endocrine, et ainsi altérer, globalement, son efficacité. Parmi, les environnements maternels délétères, figure la malnutrition, laquelle regroupe la sous-nutrition, la restriction protéique, la surnutrition, les carences en micronutriments, les contaminants alimentaires, etc. Le placenta peut s’adapter à un tel environnement pour assurer la survie du fœtus ; s’il devient défaillant, la croissance fœtale n’est plus optimale, et notamment la formation et la maturation des gonades – qui se déroulent in utero –, ce qui peut affecter la fertilité à l’âge adulte. Ainsi le placenta est-il un acteur central de la programmation fœtale. Les adaptations fœto-placentaires aux perturbations de l’environnement maternel ont des conséquences sur la santé des descendants à l’âge adulte et sont une cause potentielle d’infertilité