Les jeunes à double statut ou sous double autorité (crossover
youth) sont des adolescents ayant été victimes de maltraitance
et qui sont aussi auteurs d’une infraction criminelle. Une
étude a montré que ces jeunes reçoivent généralement des
peines plus sévères que les contrevenants n’ayant jamais été
en contact avec le système de protection de la jeunesse, ce qui
indiquerait la présence d’un préjugé dans la détermination des
peines à leur égard. L’objectif de la présente étude est de
contribuer à cette seule analyse réalisée sur le sujet en
abordant la question de l’effet du double statut du jeune dans
la détermination de sa peine, après le contrôle des principales
covariables et l’analyse des différences de genre. À l’aide des
dossiers officiels d’adolescents québécois ayant plaidé
coupables ou ayant été condamnés pour un délit, de 2005 à
2010, un modèle de régression logistique prédisant les peines
d’emprisonnement a été établi. Il semblerait que les incidents
passés de maltraitance d’un jeune prédiraient l’infliction
d’une peine d’emprisonnement dans le cas des jeunes à
double statut de sexe masculin, et ce, même en tenant compte
de l’âge, de l’origine ethnique, du type et de la gravité de
l’infraction. En s’appuyant sur les résultats de cette analyse,
des études plus approfondies devraient se pencher sur
l’efficacité de ces peines dans la modification du
comportement des contrevenants et la sécurité au sein de la
famille