In most of her works, the French artist Sophie Calle stages herself and throws herself in as her own character in order to explore the boundaries of privacy, (in)decency, banality and outrage. It comes as no surprise that she often relies on the codes of biography and autobiography while shaping her works, in order to willingly blur the limits between reality and representation. Autobiography, which is both highly referential and, according to Philippe Lejeune (1975), mostly based on the adequacy between the character, the narrator and the existing self of the writer, requires a certain readers’ perspective in which the impression of reality needs to be significant. Therefore, its comprehension is partly influenced by paratextual works and critical discourse, as they both affect the reading process, and entrench it in a referential perspective. Consequentially, it seems relevant to focus on analyzing Calle’s aesthetic strategies within this paratext: by paying attention to the different covers of Calle’s Des Histoires vraies (1994) – six in total – in parallel to the referential mechanism presented in Paul Auster's Gotham Handbook, we wish to demonstrate how Calle’s works play around the concept of referentiality in order to either reinforce or mislead readers’ expectations created by the perspective of autobiography. This analysis will first center on the inferences supporting the iconic characteristics of Calle’s photographs, and then on the text-image layout and their resulting contradictions.Dans la plupart de ses projets, l’artiste française Sophie Calle se met en scène, fait d’elle son propre personnage et explore les limites de la vie privée, de la pudeur et de l’indécence, de la banalité et du scandale. Aussi, il n’est pas étonnant qu’elle ait souvent recours aux codes du genre biographique et autobiographique dans la constitution de ses œuvres, codes grâce auxquels elle parvient à brouiller de manière manifeste les frontières entre la réalité et sa représentation. Genre majoritairement référentiel qui, nous l’apprenait Philippe Lejeune (1975), fonctionne à partir du moment où le texte produit une adéquation entre le personnage, le narrateur et la personne réelle de l’auteur, l’autobiographie exige une certaine perspective lectorale dans laquelle l’effet de réel doit forcément occuper une grande part. C’est donc dire que sa réception en est partie orientée par le paratexte (notamment grâce aux clés génériques qu’il donne) et le discours critique, qui conditionnent l’acte de lecture et l’ancrent dans une dimension référentielle. Pour cette raison, il nous apparaît pertinent d’évaluer les stratégies esthétiques privilégiées par Calle dans la mise en place de ce paratexte : en nous concentrant sur les couvertures successives de l’ouvrage Des Histoires vraies (1994) – qui sont au nombre de six –, nous comptons démontrer que les ouvrages de Calle manipulent cette notion de référentialité pour renforcer ou déjouer les attentes générées par la perspective autobiographique. Notre analyse portera d’une part sur les inférences que rendent possibles les caractéristiques iconiques et plastiques des photographies de Calle et, de l’autre, sur l’agencement texte-image et sur les contradictions que ce côtoiement cherche à susciter