Ce travail est une réflexion sur le jeu complexe d’inclusion et d’exclusion que charrie le conflit entre le discours culturel africain local et le discours transculturel ou universel dans De purs hommes de l’écrivain sénégalais, Mbougar Sarr, et Femme nue, femme noire de la franco-camerounaise Calixthe Beyala. Il s’appuie sur la théorie de la transculturalité pour mettre la lumière sur les dimensions inclusive et exclusive labyrinthiques de cette confrontation idéologique. L’article démontre aussi que les deux textes littéraires peuvent se lire comme deux discours idéologiques similaires structurés autour de la défense des valeurs transculturelles dans une Afrique restée dogmatique. Sarr et Beyala plaident ainsi en faveur d’une meilleure inclusion, dans la société africaine, des marginalisés, de ceux qui subissent le diktat de l’ordre moral rigide. Cette inclusion n’est possible que si l’Afrique se libère de ses dogmes culturels en s’ouvrant davantage au monde. Il s’agit ainsi pour ces écrivains de repositionner l’Afrique dans le concert de l’humanité auquel elle semble vouloir se soustraire par un mode de pensée et de vie singulier, en rupture avec l’épistémè contemporaine universelle. Autrement dit, c’est au prix de sa perte d’identité originelle, de la "mort" de ses valeurs traditionnelles que Sarr et Beyala envisagent une meilleure intégration de l’Afrique dans le monde transculturel.
This work is a reflection on the complex game of inclusion and exclusion that arises from the conflict between local African cultural discourse and transcultural or universal discourse in De purs hommes by the Senegalese writer, Mbougar Sarr, and Femme nu, femme noire by the Franco-Cameroonian Calixthe Beyala. It draws on the theory of transculturality to shed light on the labyrinthine inclusive and exclusive dimensions of this ideological confrontation. The article also demonstrates that the two literary texts can be read as two similar ideological discourses structured around the defense of transcultural values in an Africa that has remained dogmatic. Sarr and Beyala thus plead in favor of better inclusion, in African society, of the marginalized, of those who suffer the diktat of the rigid moral order. This inclusion is only possible if Africa frees itself from its cultural dogmas by opening up more to the world. For these writers, it is a question of repositioning Africa in the concert of humanity from which it seems to want to escape through a singular way of thinking and living, breaking with the universal contemporary episteme. In other words, it is at the cost of its loss of original identity, of the "death" of its traditional values that Sarr and Beyala envisage a better integration of Africa into the transcultural world