Cet article examine la stratégie québécoise de lutte contre le racisme et la discrimination raciale contenue dans deux énoncés gouvernementaux. Partant de l’hypothèse selon laquelle l’inscription du racisme comme une simple barrière à l’intégration des nouveaux immigrants en général et des membres des minorités dites visibles en particulier éclipse la spécificité de ce problème social, l’auteur argue que l’action gouvernementale reste relativement timide dans ses objectifs et ses instruments parce qu’elle met l’accent davantage sur l’expression individuelle du racisme plutôt que sur ses manifestations institutionnelles. L’auteur en appelle à un débat public plus large, d’une part, pour élaborer une stratégie québécoise qui tienne compte des facteurs historiques, politiques et économiques qui expliquent le racisme ; d’autre part, pour mieux adapter l’intervention étatique aux effets des tensions internationales sur les relations intercommunautaires au Québec.This article examines the strategies employed by the Quebec government with respect to anti-racism work. These strategies are based on the hypothesis that racism is simply a barrier to the integration of visible minorities in the host society. This eclipses the underlying social problems associated with racism. As a result, the author argues that governmental action in this domain remains of limited reach. The tools at the state’s disposal target individual manifestations of racism, rather than the real problem : institutional racism. The author claims that an open debate is needed to better focus the actions of the state for addressing this problem. State intervention must account for historical, as well as political and economic factors that explain racism ; it must also take into account the effects of international conflicts on community relations in Quebec