Nous présentons une réflexion sur les modulations et emplois qu’offre l’imagination selon Montaigne.
Nous nous proposons de mettre en lumière aussi bien l’enracinement de l’action imaginative dans la
nature que sa fonction dans la pratique de soi et dans la société. Montaigne suggère par des analogies
et des métaphores que l’imagination peut s’apparenter à d’autres activités naturelles comme la culture
des champs et la copulation. Il relève que l’imagination est une force. Elle est une fonction dynamique
de l’homme que celui-ci ne maîtrise pas. Elle produit des changements dans notre corps et modifie
ainsi nos relations sociales. En effet l’imagination est une faculté qui nous met en rapport avec les
autres. C’est par son truchement que les croyances se répandent jusqu’à devenir des coutumes bien
ancrées dans le tissu social. Montaigne à plus forte raison envisage alors une pratique de soi capable
de tempérer le flux des fantasmes de l’esprit