Département des littératures, Faculté des lettres de l’Université Laval
Abstract
Nous proposons d’aborder dans cet article la question des rapports entre le jeu vidéo et le cinéma à
travers une étude de cas spécifique : la franchise Assassin’s Creed, qui s’inscrit dans un contexte
techno-historico-culturel bien précis : celui des technologies de l’image numérique au Québec. Plus
particulièrement, nous nous questionnerons sur le rôle que joue la trilogie de courts métrages Assassin’s
Creed: Lineage, réalisés par Yves Simoneau et Hybride Technologies, et diffusés gratuitement sur
YouTube dans le but d’attiser l’intérêt des joueurs avant la sortie du jeu Assassin’s Creed II. De toutes
les déclinaisons médiatiques de la franchise Assassin’s Creed à ce jour, c’est elle qui incarne le mieux la
convergence technologique entre le cinéma et le jeu vidéo, mais aussi notre modèle original de
constellation transmédiatique. Loin d’agir comme de simples outils promotionnels, les films capitalisent
sur les forces du cinéma et contribuent au déploiement de la franchise, mais non sans heurts. Du général
au particulier, nous nous intéresserons d’abord à la relation entre ces deux arts, que l’on peut envisager
sous deux paradigmes : celui de la remédiatisation et celui de la transmédialité; puis, nous traiterons du
cas Assassin’s Creed comme étant la plus récente incarnation des rapports de croisement et de tension
entre le cinéma et le jeu vidéo. Nous montrerons comment le modèle transmédiatique s’inscrit dans le
prolongement des questionnements portant sur la remédiatisation, puis comment il éclaire et met à
contribution les spécificités qui distinguent le cinéma et le jeu vidéo comme les points communs qui les
rassemblent