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    Le multiculturalisme.

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    ISBN : 5-201-00833-X ; 147 p.National audienceLe terme « multiculturalisme » a mauvaise presse en France, où il est fréquemment perçu comme une menace régressive d'éclatement des sociétés démocratiques modernes — fondées sur la volonté des citoyens de vivre ensemble — en multiples communautés ethniques figées, repliées sur elles-mêmes et négatrices de la liberté individuelle et des valeurs universelles. Avant d'entamer la discussion, rappelons que le terme « multiculturalisme » est polysémique : il peut être employé pour désigner un aspect de la réalité sociologique contemporaine, la pluralité culturelle ; il peut aussi représenter une conception philosophique du monde ; enfin, il évoque un ensemble de politiques publiques mises en œuvre afin de gérer la diversité culturelle . Dans le présent article, nous tenterons d'appréhender les vertus et les limites du multiculturalisme en évoquant tour à tour ces trois facettes, et en commençant par la prise en compte sociologique de la pluralité culturelle

    Pour un débat éclairé sur la politique canadienne du multiculturalisme : une analyse de la nature des organismes et des projets subventionnés (1983-2002)

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    Cet article vise à éclairer les débats relatifs à la Politique canadienne du multiculturalisme par une analyse de l’évolution de l’attribution des subventions du programme du multiculturalisme, selon la nature des organismes et des projets sélectionnés pour la période 1983-2002. Les résultats montrent que, dans un contexte de réduction radicale des sommes attribuées pendant cette période, les organismes multiethniques, notamment ceux issus des minorités visibles, se sont imposés comme les principaux bénéficiaires. Par ailleurs, dans la foulée des changements d’orientation de la politique, les initiatives visant la compréhension interculturelle, l’adaptation institutionnelle et la sensibilisation du public au racisme dominent clairement les objectifs plus traditionnels de maintien des langues et des cultures d’origine, ou de soutien aux besoins spécifiques des communautés.This article aims at shedding light on debates relative to the Canadian Multiculturalism Policy by an analysis of the evolution of the attribution of grants by the multiculturalism program, according to the nature of the organizations and projects selected for the 1983-2002 period. Results show that, in a context of drastic reduction of the amounts granted during that period, multiethnic organizations, notably those associated with visible minorities, have been the principal recipients. In addition, along with the changes in the orientation of the policy, initiatives aiming at intercultural understanding, institutional adaptation and raising public awareness to racism clearly dominate over more traditional objectives, such as the maintenance of heritage cultures  and languages, or support to communities’ specific needs

    Sur le multiculturalisme et la politique de la différence identitaire : Taylor, Walzer, Kymlicka

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    Les trois pensées politiques analysées tentent de situer le multiculturalisme et la politique de la différence identitaire dans le cadre de la démocratie moderne. De son côté, Charles Taylor soutient que la reconnaissance des identités communautaires peut favoriser la citoyenneté participative et la recherche de biens communs. Michael Walzer, pour sa part, affirme que l’appartenance à une communauté constitue un besoin primordial, aussi important que les droits fondamentaux. Enfin, Will Kymlicka avance que la reconnaissance de droits « différentiels » peut, dans certains cas, permettre d’appliquer l’esprit des principes de base du libéralisme que sont l’autonomie et la liberté des individus. L’article montre de plus que le multiculturalisme contient certains pièges : il peut notamment favoriser les groupes de pression particularistes et les idéologies du ressentiment.Three political thinkers who argue that identity politics and multiculturalism should be promoted within the philosophy of modern democracy are analysed. Charles Taylor believes "the politics of recognition" can promote participative citizenship and the search for common goods. Michael Walzer posits that community membership is an essential need as important as fundamental rights. Finally, Will Kymlicka argues that, in certain cases, "group differentiated rights" may be necessary to apply basic liberal principles. Also, this article demonstrates that multiculturalism runs the risk of promoting identity interest groups and the politics of resentment

    Les paradoxes du débat sur le féminisme et le multiculturalisme

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    Multiculturalisme, citoyenneté et conflit : une approche sociologique

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    Dans cet article, le multiculturalisme est envisagé sociologiquement à travers les conflits suscités par les demandes d'accommodement raisonnables à l'école et d'aménagement de lieux de cultes dans la ville. Ces conflits et les relations qui se tissent entre les protagonistes éclairent les dynamiques sociales à l'œuvre dans le contexte multiculturaliste canadien. Le conflit y apparaît comme un construit social nécessaire qui, parce qu'il tente d'être collectivement maîtrisé, assure paradoxalement une expérience pleinement démocratique aux individus et aux groupes concernés mais aussi à l'ensemble de la société. Ces conflits transforment les rapports sociaux et contribuent à une socialisation réciproque des individus et des groupes, redéfinissant, pour les uns et les autres, leur statut majoritaire ou minoritaire, leurs citoyennetés respectives

    Altérités intimes, altérités éloignées : la greffe du multiculturalisme en Amérique latine

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    Siège des Nations unies, New York, 13 septembre 2007. L’assemblée générale des Nations unies émet une résolution par laquelle elle adopte une Déclaration sur les droits des peuples autochtones qui, sans définir ce qu’est un peuple autochtone et sans être contraignante pour les États, établit deux principes novateurs : les différentes manifestations de la culture des peuples autochtones sont un patrimoine enrichissant pour les États et pour l’humanité entière ; une des fonctions de l’État est de garantir leur développement et leur respect. Cette résolution reconnaît aussi aux autochtones le droit à l’autodétermination et à l’autonomie territoriale, politique et administrative au sein des États-nations contemporains. Elle défend également leur « droit de ne pas subir d’assimilation forcée » (Article 8). [Premier paragraphe de l'article]This article examines the most common accounts of multicultural reform in Latin America as well as the principal analyses of the Indian movement in this same region. The positions adopted by three generations of native informants regarding official assimilation (1920-1980) and diversity (2000-2010) policies are described on the basis of an historical and ethnographic survey carried out in a rural area of Mexico, Milpa Alta, where the population has been identified as descended from pre-Columbian inhabitants. The article argues that multicultural policies, international human rights legislation and, often, native political discourse are in tension with national systems of alterity. In the case studied here, multicultural policies are grafted on to a configuration which situates native populations in an archetypal position of alterity. It is, however, an endogenous alterity since it is imagined to be a constitutive part of a larger national 'us' conceived of as uniformly mestizo. Its specificity notwithstanding, the Mexican example allows us to consider the importance of the exogenous or endogenous character of alterity in discussing the consensus today enjoyed by the multicultural model

    Les politiques de multiculturalisme nuisent-elles à l’État-providence ?

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    La diversité ethnique est parfois perçue comme un danger pour la stabilité politique. Pourtant, les immigrants, les minorités nationales et les peuples autochtones bénéficient en certains pays d’une attitude d’ouverture qui a mené à l’adoption de politiques de multiculturalisme et à la reconnaissance de certains droits en matière de langue et d’autonomie territoriale et politique. Aux yeux de certains analystes, ces mesures ne peuvent que fragiliser l’État-providence. Ayant procédé à une vérification empirique de cette thèse, les auteurs ne constatent aucune relation systématique entre l’existence de politiques de multiculturalisme dans un pays et l’érosion de son État-providence. Il apparaît plutôt que des affirmations sans autre fondement que la peur ne font pas avancer le débat sur la pertinence des politiques de multiculturalisme.Ethnic diversity is often seen as a threat to political stability. But some countries have adopted a more accommodating approach, reflected in the adoption of multiculturalism policies for immigrant groups, the acceptance of territorial autonomy and language rights for national minorities, and the recognition of land claims and self-government rights for indigenous peoples. Such “multiculturalism policies” have been criticised, however, as making it more difficult to sustain a robust welfare state. This paper examines empirically whether this effect exists. We find no evidence of a consistent relationship between the adoption of multiculturalism policies and the erosion of the welfare state. The evidence in this paper suggests that debates over the appropriateness of multiculturalism policies should not be pre-empted by unsupported fears about their impact on the welfare state
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