International audienceThis paper reconstructs the logistical and storage systems that underpinned the Ptolemaic road linking Edfu to Berenike, a route created in the third century BCE to support large-scale elephant-hunting expeditions and sustained movement across Egypt’s Eastern Desert. Drawing on archaeological evidence from the road stations at Bir Samut and Abbad, combined with extensive ostraca documenting provisioning and administration, we examine how foodstuffs, especially grain, were transported, stored, processed, and redistributed in an environment defined by extreme aridity and risk.We argue that the success of this route depended not simply on the construction of wells and stations, but on an integrated system of storage technologies designed to manage periodic surges in consumption while minimizing spoilage and loss. Grain, water, and other provisions were stockpiled in advance at major stations, redistributed to smaller installations, and issued to station personnel, supply caravans, and expedition members according to tightly regulated ration systems. Amphoras played a central role in this process. Far from serving only as transport containers, Upper Egyptian Ptolemaic amphoras functioned as flexible storage devices at multiple scales: as sealed containers for bulk provisioning, as standardized volumetric units that facilitated accounting, and later as reused installations embedded in floors for short-term storage within kitchens and workspaces.The paper situates these practices within broader discussions of Ptolemaic statecraft, emphasizing how storage infrastructures reveal administrative priorities and attitudes toward risk, surplus, and control. The standardized capacities of amphoras, their adaptation to camel transport, and their close correspondence with accounting units underscore the degree to which material culture was shaped by bureaucratic needs. At the same time, the archaeological record reveals a parallel layer of improvisation in food processing and secondary storage, reflecting the lived realities of residents and travelers operating within this centralized system.Cet article propose une reconstitution des systèmes logistiques et de stockage attestés sur la route ptolémaïque reliant Edfou à Bérénice, un axe crée au IIIe s. av. J.-C. pour permettre le passage de très grandes expéditions de chasse à l’éléphant et plus largement pour favoriser les circulations dans le désert Oriental égyptien à cette période. En nous appuyant sur les données archéologiques issues des stations routières de Bir Samut et d’Abbad, ainsi que sur un corpus abondant d’ostraca documentant les pratiques d’approvisionnement et d’administration des stocks, nous examinons les modalités de transport, de stockage, de transformation et de redistribution des céréales dans un environnement marqué par des conditions extrêmes.Nous montrerons que le succès de cette route n’a pas reposé uniquement sur la construction de puits et de stations, mais également sur un système intégré de technologies de stockage conçu pour gérer des pics périodiques de consommation tout en limitant les pertes et l’altération des denrées. Les céréales, l’eau et les autres provisions étaient stockées à l’avance dans les stations principales, redistribuées vers des stations secondaires, distribuées au personnel des stations, aux caravanes de ravitaillement et aux membres des expéditions selon un système de rations strictement réglementé. Les amphores ont joué un rôle central dans ce dispositif. Loin de servir uniquement de conteneurs de transport, les amphores ptolémaïques de Haute Égypte ont servi de dispositifs de stockage polyvalents à différentes échelles : conteneurs hermétiques pour l’approvisionnement en vrac, unités volumétriques standardisées facilitant la comptabilité, puis, dans un second temps, dispositifs réemployés pour le stockage de courte durée dans les cuisines et les espaces de travail des stations.L’article inscrit ces pratiques dans une réflexion plus large sur le fonctionnement de l’État lagide, en soulignant la manière dont les infrastructures de stockage témoignent de certaines priorités dictées par l’administration, ainsi que les attitudes des membres de l’administration face au risque, au surplus et au contrôle. Les capacités standardisées des amphores, leur adaptation au transport à dos de chameau et leur étroite correspondance avec les unités comptables mettent en évidence le degré auquel la culture matérielle a pu être façonnée par les exigences bureaucratiques. Parallèlement, les vestiges archéologiques révèlent un niveau d’improvisation dans les pratiques de transformation alimentaire et de stockage secondaire au sein des stations, reflet des réalités vécues par les résidents et les voyageurs opérant au sein de ce système centralisé
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